"Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente." Jules Renard.

"Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente." Jules Renard.


Du bist das Beste, was mir je passiert ist
Es tut so gut, wie du mich liebst
Vergess den Rest der Welt
Wenn du bei mir bist


You're always in my heart.

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 09:47

Modifié le lundi 17 novembre 2008 11:47

Premier chapitre

Premier chapitre
"Mais s'aimaient-ils vraiment ? Peut-être qu'au fond ils n'aimaient que les baisers qu'ils se donnaient ?"

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[*]


- Putain Tom, c'est nul ! ria-t-elle les yeux rivés vers le ciel. Elle tourna la tête vers le principal concerné. Couchés dans l'herbe à regarder les étoiles, t'aurais pas pu faire plus cliché ! Il manque plus que la musique de fond, belle et envoûtante, tu vois ? Là, j'crois qu'on toucherait le fond. dit-elle en mimant le mouvement des vagues avec ses mains. Nan mais t'imagines un peu si quelqu'un nous voyait ? Ils se feraient encore des films sur nous deux. Pas que ça me déplaise qu'on nous prenne pour un couple – elle entrecoupa son monologue en embrassant furtivement Tom – mais j'en ai ma claque de ces poufiasses qui te courent tout le temps après. T'es à moi, merde bouda-t-elle en tapant du pied sur le sol. Je sais pas ce que je dois faire pour qu'elles se foutent ça dans le crâne. Elles ont qu'à aller chez ton frère !

Comme à peu près chaque fois qu'elle abordait le sujet sensible « Tom, celui qui les fait
toutes craquer », Abigaëlle ne pouvait s'empêcher de s'agiter et de hausser le ton. La moue
contrariée qu'elle affichait amusait Tom. Bien sûr, toutes ces filles folles de lui flattait son égo
déjà disproportionné mais aucune d'entre elles n'arrivait à la cheville d'Abby, comme ce
dernier la surnommait, dans le c½ur du beau blond. Tous deux se connaissaient depuis
le landau et n'avaient aucun secret l'un pour l'autre. Elle était sa confidente lorsque Bill, son
bien-aimé frère jumeau, n'était d'aucun secours. Lui, il était son grand frère, celui qui la
protégeait quand la peur la tiraillait, il était son réconfort lorsqu'elle se sentait seule. Elle
était forte uniquement grâce à la présence de Tom dans sa vie. Il était là, avec elle, rien de
plus, rien de moins et ça leur suffisait. Ils se complétaient et la présence de l'autre
semblait une évidence à leurs yeux.

- T'es jalouse ma grande ? A t'entendre, on dirait bien que oui sourit Tom en lui adressant un regard amusé.
- Tout de suite les grands mots ! J'aime simplement pas qu'on empiète sur mon territoire maugréa Abby.
- T'as qu'à me pisser dessus, alors. Plaisanta Tom
- Tom, t'es gore dit-elle d'un air dégouté, tripotant les longs doigts fins de Tom.

Selon Abby, Tom avait les plus belles mains que la Terre ait jamais créées. Déjà, lorsqu'ils étaient encore deux gamins, Abby faisait glisser sa petite mimine dans celle de Tom y trouvant le réconfort et la sureté dont elle avait besoin et qui lui faisait encore grandement défaut aujourd'hui.

Rien n'avait changé. Sauf peut-être qu'ils avaient grandis et de ce fait, découvert ce que les grands appelaient L'attirance. Ce sentiment d'attraction dont ils avaient plusieurs fois fait les frais depuis quelques temps. En effet, leurs étreintes amicales avaient de plus en plus une fâcheuse tendance à déraper un peu trop à leur goût. Ce soir encore, Tom était couché sur le dos, dans l'herbe sèche grâce au temps estival de ce mois de ce mois de juin. Abby, quant à elle, avait posé sa tête contre le torse de plus en plus musclé de son grand frère.

- Et bien, tu crois pas que t'excites pas déjà assez les nanas comme ça ? pouffa Abby en effectuant une légère pression avec son index sur les pectoraux du dreadeux. Faut en plus que tu fasses de la gonflette maintenant ... souffla-t-elle en roulant les yeux.
- C'est pour encore mieux pouvoir te protéger ma puce le rassura-t-il en passant son bras autour d'elle pour la ramener contre lui et ainsi illustrer ses propos. Tu t'es lissé les cheveux aujourd'hui constata Tom. On fête quoi ?
- Euh ... rien de spécial répondit Abby, prise au dépourvu par la question saugrenue et totalement hors-sujet de Tom. Pourquoi ? T'aimes pas ? s'inquiéta-t-elle de suite en relevant légèrement la tête pour attraper une mèche de cheveux qu'elle analysa attentivement. Tom sourit en la voyant s'alarmer pour une telle broutille. Il s'en fichait pas mal que ses cheveux soient bouclés, ondulés, lissés ou méchés. A ces yeux, elle était belle quelle que soit sa coiffure, ses vêtements, son maquillage ou son humeur du jour. Du moment qu'elle se trouvait là, avec lui, il se sentait bien et était heureux.
Et c'était bien ça le problème.

- Tu sais très bien que si dit Tom, prenant la main d'Abby dans la sienne pour qu'elle cesse de se torturer les cheveux. T'es toujours belle pour moi.

Il posa ses lèvres sur sa main aux fins et longs doigts tout comme lui et posa sa main sur sa tête signe qu'il l'invitait à reposer sa tête contre lui.

A cet instant, leurs c½urs s'accélérèrent.


Abby passa son bras autour du ventre de Tom tout en faisant glisser sa jambe droite au-dessus des siennes. Elle bougea légèrement la tête afin de la caler bien confortablement. Elle aurait pu rester dans cette position des heures entières. Tom aurait, lui aussi, pu caresser son bras jusqu'à l'aube.

Les battements de leur c½ur n'avaient cessés d'augmenter leur cadence infernale.


- Ca va, t'es bien installée maintenant ? demanda Tom, sa main montant et descendant le long du bras de sa protégée. Il souriait aux anges. Il lui souriait à elle, en fait.
- Un petit bisou et ce serait parfait, ouais.
- Ce genre de choses, il faut le mériter, tu sais joua Tom.

Il mettait la condition car il savait pertinemment bien que le « petit bisou » ne se limiterait pas à un simple smack d'écolier caché derrière un arbre au fond de la cour de récréation pour éviter les regards indiscrets. Ça, c'était il y a quelques années. Ils avaient grandi et leurs sentiments ne se manifestaient plus par d'innocentes petites embrassades. Leur attirance mutuelle transformait le plus souvent un baiser volé en une étreinte qu'on qualifierait de passionnée et qui, de surcroit, s'éternisait chaque fois un peu plus. Leurs petits jeux d'enfant devenaient davantage dangereux au fur et à mesure qu'ils risquaient un pas de plus l'un vers l'autre. Mais ils s'aimaient trop pour s'arrêter. Où cela les mèneraient-ils ? Ils n'en savaient rien et ne voulaient pas s'embrouiller avec de telles questions. Ils ne voulaient pour rien au monde risquer de froisser leur amitié.

- Tiens donc, c'est nouveau ça. Tu nous ferais pas une crise d'excès de zèle Tomi ? Il rigola à sa remarque. Et c'est quoi ton épreuve ? interrogea Abby, mi-exaspérée, mi-intriguée.

Elle n'avait pas cessé d'entremêler leurs doigts, sa tête reposait toujours contre le torse de Tom et suivait le mouvement de la respiration à présent lente et posée de son protecteur. Son c½ur sa calma aussitôt.

- Ca te dirait un bain de minuit ? s'enquit Tom, une expression perverse innée sur son visage.
- T'es malade ou quoi ?! cria Abby en se relevant d'un coup plantant ses yeux dans ceux de son vis-à-vis.

En guise de réponse , Tom la poussa légèrement afin de se relever. Il enleva tout d'abord son premier t-shirt, puis le deuxième. Le dreadé était maintenant torse nu devant sa meilleure amie dont le c½ur s'était à nouveau emballé. Elle aurait tellement voulu frôler du bout de ses longs doigts fins cette si belle peau, ce corps si bien dessiné.
Mais cela, Tom ne le saurait jamais..

D'un geste doux, il s'accroupit face à elle, posa sa grande paume sur sa joue rosie par les sensations éprouvées en ce moment. Mais cela, Tom ne le saurait jamais car, dieu Merci pensa Abby, la nuit noire éclairée uniquement grâce aux lampadaires de la ville masquait ses sentiments. Abby, une nouvelle fois prise au dépourvu face au comportement de Tom, laissa passer quelques secondes avant de s'apercevoir avec surprise qu'il avait glissé sa main sur sa nuque. Tandis qu'elle levait des yeux étonnées vers lui, il laissa sa main se balader d'abord derrière son cou avant de descendre doucement sur son épaule. Une douce caresse. La main experte de Tom vagabonda ensuite le long de son bras légèrement basané de nature pour finir sa course posée sur sa cuisse. Il prit la main d'Abby - qui ne put s'empêcher d'y enlacer ses doigts - dans la sienne et planta son regard noisette dans les yeux noisettes, copies des siens, de sa protégée.

- J'aimerais vraiment qu'on prenne un bain de minuit ensemble. Répéta-t-il sans la quitter des yeux. Tu te souviens ? Comme quand on allait ensemble en vacances. sourit-il en caressant la paume de main d'Abby de son pouce. Ce qu'on fait toujours d'ailleurs ...

Il suffit de ces quelques mots. Sans pouvoir expliquer pourquoi, Abby sentit son c½ur s'emballer et quelques larmes brûlantes lui monter aux yeux. Ces milliers de souvenirs à ses côtés. Elle aurait tant voulu pouvoir lui dire, avoir le courage de lui faire comprendre ce qu'elle ressentait vraiment. Ou du moins, ce dont elle avait l'illusion parfaite d'être traversée. Ce sentiment qui l'habitait trop souvent pour qu'elle puisse le ranger au chaud dans un coin de son esprit. Elle ne pouvait ignorer ces frissons qui la parcouraient toute entière lorsque leurs doigts s'enlaçaient, elle ne pouvait ignorer son ventre qui se tordait lorsque leurs lèvres se touchaient, même furtivement, elle ne pouvait ignorer toutes ces choses, non.

Bien que cela ne l'empêche pas de les nier. Ne pas lui avouer. Ne pas se l'avouer.

Tom lui tendit une main qu'elle attrapa d'un geste sûr contrastant totalement avec ce qui bouillonnait au fond d'elle ; un sentiment instable et inexplicable. Totalement incommensurable tout comme l'amour qu'elle portait à Tom.

Néanmoins, la façade était entrain de se construire, petit à petit.

Comme dans un scénario d'un des plus gros navets que l'industrie hollywoodienne n'ait jamais écrit, la force de Tom propulsa le corps longiligne d'Abby contre son torse qu'elle percuta avec un peu trop de conviction. Elle s'agrippa inconsciemment à lui, comme elle l'avait toujours fait. Quant à lui, il posa précipitamment ses mains derrière ses épaules pour la retenir contre lui, comme il l'avait toujours fait. Abby ne put faire autrement que de détourner ses yeux du regard trop insistant de Tom à cet instant. Elle lui sourit et se défit doucement de son étreinte.

- Bon, on y va ? invita Abby, feignant la décontraction.
- Le dernier dans l'eau a perdu ! défia alors Tom en manquant de peu d'arracher son baggy qu'il enleva avec une hargne qu'on ne lui connaissait que rarement et plongea la tête la première dans l'eau froide.
- Salaud ! J'suis encore toute habillée, moi ! râla la grande brune occupée à déboutonner le bouton de son jeans alors que Tom avait secoué ses dreads après être remonté à la surface.

Alors qu'Abby se défaisait tour à tour de tous ses habits, Tom ne put contrôler son regard fuyant sur le corps de sa meilleure amie. Dans le genre couple au physique parfait, ils seraient vraiment pas mal placés, pensa-t-il en rigolant de sa propre connerie. Abby le questionna du regard, le prenant sans doute pour un schizophrène ou tout autre chose du style, ce qui lui permit de la mater, ne jouons pas avec les mots, presque sans aucun remord. Il était un garçon, ou plutôt un homme en devenir, et s'estimait dans le droit le plus légitime d'admirer ce que le monde avait pu créer pour son plus grand plaisir visuel.

Lorsqu'elle leva son t-shirt, il put noter avec satisfaction et fierté que sa petite s½ur avait bien grandi. En effet, celle-ci avait pris de belles formes exactement là où il le fallait. Ni trop, ni trop peu. Ses jambes fines et galbées semblaient interminables, ses fesses un peu rebondies étaient mises en valeur par un tanga rouge et noir orné de dentelle, son ventre plat et ses hanches bien dessinées faisaient renaitre en Tom les pulsions auxquelles il avait été soumis par le passé. Contre son gré, certes, mais au bout desquelles aucun regret n'avait jamais suivi. Son regard s'arrêta quelques secondes sur sa poitrine généreuse sans pour autant être imposante emprisonnée à l'intérieur d'un soutien-gorge accordé à sa lingerie du dessous. Pour couronner le tout, son teint halé lui donnait des airs exotiques totalement exquis. Bien qu'Abby fut dotée d'un corps magnifique, Tom ne cesserait jamais de penser que ce n'était pas ça qui lui importait chez elle. Au contraire, c'était un plus, certes très agréable, mais qui ne prendrait jamais le dessus sur les magnifiques traits de son doux visage à travers lequel se reflétaient la finesse et la beauté qui résidaient en elle. Elle était le miroir de son propre intérieur. De nature très expressive, tout ce qui était enfui en elle finissait toujours par être exposé un jour aux yeux de tous, qu'elle le veuille ou non. Tom appréciait cette faculté qu'elle avait de faire passer un tas d'émotions, bonnes ou mauvaises, rien qu'à l'expression de son visage car elle lui permettait de deviner sans aucun effort ses intentions ainsi que son ressenti. Il pouvait donc agir en conséquence et s'assurer qu'elle allait bien.

- Bordel, elle est gelée ! T'es malade ou quoi d'avoir sauté là-dedans ! T'aurais pu crever d'une hydrocution, pauvre con ! Espèce d'inconscient ! hurla-t-elle en sortant précipitamment son pied de l'eau pour se diriger tout aussi vite devant Tom accoudé au bord de la rivière.

Elle donna un coup de pied dans le vide pour faire comprendre à Tom qu'elle lui en voulait d'être aussi imprudent. C'est à ce moment que le blond en profita pour agripper son pied entre ses deux mains. Abby perdit le piètre équilibre dont elle disposait et tomba lourdement sur ses fesses. Tom de son côté, continua sa séance « défouloir » et la tira jusqu'à lui, c'est-à-dire jusque dans l'eau d'un coup sec en rigolant. Prise de fou-rire elle aussi, elle se débattait aussi bien qu'elle pouvait même si elle savait pertinemment bien qu'elle ne faisait pas le poids face aux muscles développés de son meilleur ami.

- N'essaye même pas ! rigola-t-il en retournant Abby dos à lui pour tirer sa tête en arrière afin de la noyer.
- Je ... préfère ... crever ... en toute ... fierté ! tenta-t-elle d'articuler alors qu'elle se faisait balloter entre la surface et le fond de l'eau par un Tom qui s'amusait comme un gosse de 5 ans.

Après quelques minutes d'intense effort, Abby réussit à se détacher de l'emprise de Tom et sauta sur ses épaules pour tenter à son tour de le couler. Sans succès. Inutile de vous dire qu'il ne bougeait pas d'un pouce malgré les tentatives répétées d'Abby de se venger. Après une dizaine d'essais infructueux, elle passa ses jambes autour du bassin de Tom, signe qu'elle déclarait forfait, et s'agrippa à son cou. Tom, par réflexe, fit glisser ses mains sur les fesses d'Abby qui rougit une fois de plus. Le dreadé l'interrogea du regard pour savoir s'il avait la permission de laisser ses mains où elles étaient. Son sourire lui assura qu'il pourrait profiter en toute quiétude de l'instant.

- Je sais pas ce qu'il y a en-dessous mais c'est tout gluant et j'ai pas envie de toucher ça. murmura-t-elle dans l'oreille de Tom comme pour justifier son geste.

Rarement Abby se montrait aussi entreprenante. Généralement, c'était Tom qui prenait les devants, faisaient les avances – même pour plaisanter, c'était lui qui dirigeait. De ce fait, le blond se sentit un peu perdu par l'élan affectif plutôt insistant d'Abby mais il ne lui montra pas. Il ne voulait pas qu'un quelconque sentiment de malaise s'installe entre eux. Ils avaient toujours été très proches l'un de l'autre et cela ne devait jamais changer.

Comment expliquez-vous alors pourquoi ce doux et malicieux démon remontait une nouvelle fois en lui ?
Cette attirance.



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Alors chères lectrices (lecteurs ?), vos premières impressions ?
Ça va, je ne dois pas envisager de me reconvertir dans la chasse aux pingouins ou dans l'élevage de moules tétraplégiques au lieu de tenter d'écrire un truc correct ?
Je ne mords pas et j'accepte toutes les critiques constructives
See you ; )

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 18:21

Modifié le lundi 29 juin 2009 17:29

Deuxième chapitre

Deuxième chapitre
“Avec ceux que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence.”

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- J'adore la sensation chien mouillé, vraiment kiffant ironisa Abby d'un ton léger et rieur en remettant son jeans qu'elle retroussa vers le bas pour marcher pieds nus jusqu'à la sortie du parc. Toi, au moins, c'est ample, t'as de la place pour sécher. J'suis sûre que ça fait du vent quand tu marches !
- Tu veux que je te lègue mes dreads peut-être ? ria Tom qui tentait tant bien que mal de faire passer son t-shirt, sa chevelure imposante bloquant le passage. Elles me trempent tout le dos !

La grande brune pouffa dans son haut qu'elle revêtit d'un geste vif – persuadée que Tom la regardait à travers les mailles de son t-shirt – mais qui se bloqua au niveau de son dos détrempé par cette baignade impromptue. Pendant qu'elle essayait désespérément de dérouler son débardeur qui avait formé une boule au-dessus de ses omoplates, Tom de son côté déformait le col de son t-shirt extra large. Ils avaient tous deux l'air fin essayant ainsi de se rhabiller. Finalement, ce fut le dreadé, après des minutes de bataille, qui vint à bout de son épreuve le premier. En jetant machinalement un regard du côté d'Abby, il se sentit pris d'un sentiment de compassion : elle combattait toujours. Il s'avança alors vers elle en rigolant pour l'aider. Il passa ses mains de part et d'autre de son joli haut à bretelles et sourit. Il fit durer le moment, ses doigts frôlant lentement la peau de sa petite s½ur qui lui adressa un de ces légendaires regards interrogateurs.

- Hum .. je ... désolé s'excusa Tom, revenant soudain à la réalité. Il fuit le regard d'Abby qui ne comprenait pas pourquoi Tom semblait si confus et entama sa marche vers son appartement. Il n'avait fait que la toucher un peu, rien de plus que d'habitude ...
- Euh, mais c'est pas grave Tom. T'as rien fait de grave, tu sais. dit-elle, ne se doutant pas que le démon de Tom avait fait sa réapparition ...


Un silence. Ce genre de silence qui vous pèse, lourd, un silence assourdissant. Ce genre de silence qu'on aimerait briser avec un mot, un son, un cri mais dont on ose perturber la quiétude devant la force qu'il dégage. Abby n'osait poursuivre, persuadée que Tom prendrait la mouche au moindre mot glissé de manière inadéquate dans la conversation. Elle ne le regardait pas de peur qu'il décrypte son malaise, Abby cachait tellement mal ses émotions. Et puis, il était déjà bien loin devant elle. La brune songea qu'elle devrait peut-être garder sa frustration au fond d'elle mais ce n'était pas dans ses habitudes lorsqu'elle était avec Tom. Jamais elle ne se cachait devant lui et ce, aussi bien intérieurement qu'extérieurement. Il connaissait tous ces démons et les chassait avec un simple mot glissé à son oreille, un seul geste, une seule caresse. Abby confiait ses moindres peurs, ses doutes, ses remords, ses joies, ses peines, elle lui partageait tout, elle lui confiait sa vie sans se poser de questions car leur relation avait toujours été telle et qu'elle ne pouvait changer. Jamais. De toute façon, ni l'un ni l'autre ne le supporterait.

- On va chez toi ? risqua finalement Abby après avoir saisit ses chaussures et rejoint Tom.
- Comme tu préfères sourit Tom du moment que je suis avec toi, ça me va.

Devant ce visage angélique et cette expression rassurante dont elle ne pourrait définitivement pas se passer, Abby effaça d'un coup toute trace des minutes précédentes. Ses mots délicieux, ses douces paroles, valaient plus que tout l'or du monde. De toute façon il était son monde depuis toujours. Et l'or, Abby s'en foutait pas mal.

- Va pour la maison Kaulitz, alors ! Elle ne lui en voulait pas vraiment.. Comment pourrait-elle de toute manière ?

Tom passa son bras autour d'Abby qui, elle enroula le sien derrière son dos. Cette position n'était pas des plus pratiques pour marcher côte à côte mais peu importe, il était tard et peu de personnes erraient encore dans les rues d'Hambourg à cette heure-ci. Après tout, ils n'y accordaient aucune espèce d'importance. Cette liberté, ils s'en enivraient se satisfaisant uniquement de la présence de l'autre à ses côtés. Ce besoin perpétuel de toucher, sentir, caresser, embrasser, voir sourire et rire l'autre aurait apeuré de par sa puissance toute personne normalement constituée. Eux, ils s'en nourrissaient continuellement. Aussi bien de ces sensations que de la simple présence de leur âme s½ur car oui, c'était cela. Ni l'un ni l'autre n'aimerait un jour quelqu'un aussi fort que leur amour était réciproque. Après, était-ce de l'amitié ou de l'amour ? Eux-mêmes ne pouvaient répondre à cette question. De plus, ils ne le voulaient pas.

- Après vous mademoiselle invita Tom, en ouvrant la porte d'entrée d'un geste courtois, imitant piètrement ce qui devait, selon l'analyse de la grande brune, être une révérence.
- J'hallucine ou tu viens d'être galant avec moi ? Pincez-moi, je rêve ! taquina Abby arrachant un baiser au dreadeux. Elle saisit sa main au passage pour les conduire directement vers la chambre de Tom sans louper pour autant le passage obligé par la cuisine, casse-croûte oblige.
- Morfale, va sourit Tom devant l'entrain que mettait Abby à choisir les aliments qui composeraient leur festin de ce soir. Tu vas encore te plaindre que t'as grossis après. Puis tu vas commencer un énième régime dont tu n'as pas le moins du monde besoin pour quand même recommencer à t'empiffrer le lendemain provoqua Tom guettant la réaction de sa petite s½ur, susceptible au possible et dont il connaissait les moindres points faibles.
- Je m'en fou de ce que tu dis nia-t-elle en continuant de se servir dans les placards kaulitziens Tu peux parler toi, tu manges trois fois plus que moi !
- Peut-être, sûrement même, mais tu noteras que je ne prends pas un gramme moi continua Tom en insistant bien sur le « moi ».

Au même moment, Tom posa ses deux mains sur les hanches de Abby qui jouait la carte de l'indifférence face aux paroles du grand blond. Il se colla contre son dos et fit glisser ses mains sur le ventre de sa protégée afin de la sentir autant que possible près de lui. Attirances. Par ce simple geste, il lui montrait que ses paroles n'étaient en fait que ... des paroles. Rien de plus. Abby ouvrit le paquet de chips qu'elle tenait entre ses mains, en prit une poignée qu'elle fourra en une traite dans sa bouche et mâcha sans aucune grâce. A cet instant, chacun des actes d'Abby étaient régis par son étrange capacité à pouvoir rester calme dans le genre de situation qu'elle était entrain de vivre. Par habitude sans doute. En effet, comme vous le savez, Tom est celui qui a toujours attiré toutes les convoitises, celui que toute personne du sexe féminin aurait voulu pour elle seule mais qu'elle n'obtiendrait jamais car son c½ur était déjà pris. Par une autre, la seule et l'unique détentrice. Et ce, pour toujours. Peut-être, vous donnera-t-il l'illusion, comme il sait si bien le faire, que vous êtes chère à ses yeux bien qu'il n'en soit rien, que vous êtes à part alors que vous n'êtes qu'une parmi tant d'autres, que vous méritez un temps soit peu son attention alors que son esprit est ailleurs, que ses sourires vous sont adressés même s'il ne vous accorde, au fond, pas la moindre importance. Oui, ce genre d'homme inaccessible fou de celle à qui il est lié depuis les premiers battements de son c½ur. Cette seule et unique personne : Abigaëlle.

Malgré l'étroitesse des escaliers menant à la chambre de Tom, Abby ne lâcha pas pour autant l'emprise de sa main dans celle du blond, leurs doigts enlacés comme à leur habitude. Pas une de ces habitudes monotones, assommantes, non. Plutôt de celles dont on ne se lasse jamais, qu'on voudrait revivre encore et encore.
Ce sentiment de bien-être et de sécurité infinie et inébranlable que seul l'autre peut nous procurer. Cet autre dont on pourrait retracer les traits fins et doux les yeux fermés. Par c½ur, oui, ils s'aimaient par c½ur. Plus que vous ne pouvez imaginez, plus qu'eux-mêmes ne le conçoivent.

Abby ouvrit à la volée la porte de la chambre de Tom et courut s'effondrer comme une masse sur le lit situé au milieu de la pièce, contre le mur central. Deux grandes fenêtres, par lesquelles ils observaient souvent les étoiles ensemble, juchés sur le rebord de celle-ci offraient une vue sur la rue dans laquelle quelques rares passants rejoignaient la ville. Dans les bras l'un de l'autre. La plupart du temps, Abby s'endormait dans les bras musclés et protecteurs de Tom. Le meilleur endroit du monde selon elle. Sentant que les battements de son c½ur s'étaient apaisés, Tom portait délicatement son petit trésor sous les couettes comme s'il s'agissait d'une poupée de porcelaine. Fragile mais tellement belle, si douce. De celles que l'on pourrait regarder dormir des heures et des heures durant sans voir le temps passer tant le spectacle hypnotisait. Celle dont on caressait la joue d'un geste régulier en souriant tant sa frimousse dégageait douceur et volupté, celle dont on ne se lassait pas de sentir ses doigts entrelacés dans les siens, son souffle dans son cou, son corps à proximité.

Trop proches mais trop loin à la fois.


Trop loin. Tout comme à cet instant où ils étaient tous les deux couchés sur le lit du dreadeux, leurs mains posées sur leurs ventres respectifs occupés à contempler le plafond. Une sorte de tension s'étaient installée entre eux apparaissant et disparaissant selon leur humeur et ils détestaient cela. Pour pallier à ce trouble, Abby tourna lentement la tête vers la gauche, vers Tom. Ce dernier, sentant le regard de brune sur lui, imita son geste et planta ses yeux dans les siens. Ils ne savaient pas quoi dire. Tant mieux car ils n'avaient aucune envie de parler, ils ne voulaient pas briser ce moment avec des mots stupides, futiles, sans intérêt, uniquement lancés pour combler. Ils hésitaient même à laisser se dessiner un sourire de peur de faire craquer l'autre. Ils le sentaient, quelque chose rendait l'atmosphère pesante. Attirances.

“Le silence est fait de paroles que l'on a pas dites"


Ce fut Abby qui décida de briser ce silence. Non pas par des mots, mais plutôt en décidant d'aller attraper l'ordinateur portable de Tom posé sur le bureau. Heureusement pour elle et pour lui, elle ne vit pas l'expression qui suivit sur le visage de Tom. Cette déception. Lorsqu'elle se retourna, Tom n'avait pas bougé d'un pouce. Elle ne releva pas et se rassit, délicatement cette fois-ci, à ces côtés.

- Bon, on part où cette année ? Montagne, soleil, campagne ? Faudrait peut-être y penser si on veut encore avoir quelque chose de correct pour pas trop cher questionna Abby cliquant sur les différences sites de réservations proposés par le moteur de recherche. Tom ? rappela-t-elle en levant un sourcil.
- Mmmh ? grogna Tom, semblant complètement ailleurs. Dans le puits de ses pensées, cet endroit que ni Abby ni même Bill ne pouvait atteindre au plus grand damne de ceux-ci. Il releva la tête et prit appui sur ses coudes, les jambes écartées.
- Je te demandais où tu voulais partir ces vacances-ci ...
- Loin d'ici répondit-il d'un ton morne, fixant un point imaginaire devant lui.
- Ils ont rien à ce nom là dit-elle, s 's'efforçant de ne pas montrer à Tom que son attitude désinvolte l'irritait.
- Je t'ai dit que l'endroit m'importait peu du moment que tu étais avec moi finit-il par sourire. Rien que cette idée lui donnait envie de la prendre dans ses bras et de l'embrasser. Mais il n'en fit rien et se contenta de lui adresser un regard à travers lequel, espéra-t-il, il réussirait à faire passer ce que les mots ne peuvent pas raconter.
- J'ai envie de soleil, de sable chaud, blanc et fin, de la mer transparente à perte de vue, des petits restaus sympas, des palmiers, des glaces, des beaux mecs à mater, de absolument rien faire pendant deux semaines, d'un beau petit appart au bord de la mer et surtout, sinon je reste ici, d'un dreadeux grand, beau à mourir, bien foutu, drôle, qui me ferait des câlins à chaque fois que je le voudrais et qui me dirait des trucs gentils dans l'oreille.
- Je crois que ça doit exister quelque part dit Tom, se faisant violence pour ne pas aller envoyer se faire foutre tout les désirs émit avant lui et combler ses envies à l'instant même. Il se rapprocha d'elle, la respiration saccadée et prit sa main dans la sienne. Tu peux aller faire un tour dans la section « îles lointaines ». Il doit surement avoir quelque chose qui conviendrait à mademoiselle la taquina-t-il en lui tapant le bout du nez.
- Mademoiselle va suivre les conseils de monsieur. Mais avant, mademoiselle aimerait se mettre en pyjama. Tu me prêtes un t-shirt s'il te plait Tomi ? demanda-t-elle avant de lui voler un baiser.
- M'appelle pas comme ça, tu seras gentille. Et tu sais très bien où sont mes fringues puis j'ai pas envie de bouger, va le chercher toi-même comme une grande bougonna Tom alors qu'Abby lâchait sa main pour aller choisir sa tenue pour la nuit.

Pendant qu'Abby fouillait dans ses tiroirs à la recherche de la perle rare, Tom surfa un peu sur le site à la recherche de l'endroit parfait qui le serait quoiqu'il arrive temps que la présence de sa protégée était sur la liste. Il le voulait paradisiaque parce que rien n'était trop beau pour elle. Il s'en foutait royalement des jolies filles sur la place puisqu'elles étaient juste « jolies ». Les restaurants ce n'était pas trop son truc ; il préférait largement une simple pizza à manger devant un DVD. Il n'accordait aucune importance à l'état de l'appartement si ce n'était que pour qu'Abby s'y sente bien et qu'il la voit sourire. Cependant, il ne cracherait pas sur l'eau limpide, les palmiers et le farniente. Réflexion faite, il les voulait aussi ses vacances de rêves, même si ce n'était pas pour son propre plaisir. Si elle était heureuse, il l'était aussi, il n'en fallait pas plus.

- Alors, t'as trouvé The Place To Be ? s'enquit-elle, un sourire immense scotché à son visage.

"Qu'elle est belle" fut tout ce Tom était capable de penser à cet instant.
Malgré lui, il la désirait chaque jour, chaque nuit, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, chaque instant un peu plus. La torture à l'état pur.

- Euh, pas vraiment non. Mais je te fais confiance, tu fais ça mieux que moi sourit-il. Perdu dans ses pensées, il avait totalement oublié pourquoi il était devant l'ordinateur.
- Roh, allez pousse toi que je serve à quelque chose. En fait non, reste là et je me mets sur tes genoux c'est mieux.

Tom déglutit au moment où Abby prit place sur lui mais il ne montra pas à quel point il devait se contrôler pour ne pas céder à ses pulsions. Il pria intérieurement n'importe qui se trouvant là-haut pour ne pas que son corps réagisse alors qu'Abby était la meilleure placée pour le sentir. Il refusait qu'Abby pense des choses fausses rien qu'à cause des réflexes incontrôlés que son corps serait susceptible d'avoir.
Néanmoins, après quelques minutes d'intense concentration, son corps se détendit le permettant même de passer ses bras autour de la taille d'Abby. Ils avaient déjà envisagé toutes les destinations possibles et imaginables et en étaient toujours arrivé à la même conclusion : l'hôtel 3 étoiles, tout compris, situé à 100 mètres de plage et offrant une vue splendide sur la baie d'une île perdue quelque part aux Maldives. Et tant pis si ça ne plaisait pas à Bill.

- Adjugé alors ? dit Abby
- Adjugé alors confirma Tom en déposant un doux baiser sur l'épaule de la brune
- C'est magnifique comme endroit ! s'extasia-t-elle. J'ai déjà hâte d'y être !

« Si seulement ça l'était autant que toi » pensa Tom. Il se tut et se contenta de lui sourire. Se contentant de ce silence apaisant, Abby tourna la tête et appuya son visage contre celui de Tom, sa main caressait affectueusement la paume du blond qui sentit une boule se former dans sa gorge. Comme figé par ses sensations, il ne bougeait pas. Cette réaction venait faire mur à ses envies et le bloqua dans ses gestes habituellement anodins. Il avait vraiment de plus en plus de mal à se maitriser. Et ce fut encore pire lorsqu'Abby décida, dans un élan d'affection pour lui, de capturer ses lèvres sèches de devoir se contenir continuellement. Un assez long moment les séparait de la dernière fois où ils avaient à ce point dérapé. Perdre la domination de soi, de son désir. Les mains de Tom parcouraient maintenant les jambes d'Abby, puis passèrent sous son large t-shirt pour aller parcourir son ventre, son bassin, ses bras, son visage, son corps. Il répondait ardemment au baiser et oublia toute forme de contenance lorsqu'elle fit passer sa langue dans sa bouche. Il goûtait, savourait, dégustait cette sensation et il adorait ça. Abby était le meilleur fruit qui lui auquel il lui ait été donné de goûter, le plus croquant, le plus beau, le plus savoureux. Celui dont il se délectait sans jamais s'en éc½urer, s'en rassasier. Elle était son fruit défendu. Celui des enfers au goût délicat de paradis.

Les minutes passaient et le baiser n'en finissait pas. Les secondes défilaient et leur respiration s'accélérait. Ce ne fut qu'au moment où, lorsqu'une porte claqua d'un bruit sourd et violent au rez-de-chaussée, que le temps se figea. Des voix se firent entendre. Tom et Abby ne s'étaient pas rendus compte de leur geste. De plus, les remords n'eurent pas le temps de prendre le dessus car des bruits de pas se firent entendre dans les escaliers menant au premier étage. D'un mouvement commun, ils se défirent de l'étreinte de l'autre. La difficulté de cette séparation fut d'autant plus douloureuse de par son intensité, sa vivacité, son ardeur.

La distance les séparant se révélait déjà bien trop importante.


Deux voix résonnèrent une nouvelle fois dans la cage d'escalier. Leur amplitude s'amenuisait au fur et à mesure qu'elle se rapprochait aussi bien qu'elles s'éteignirent finalement en chuchotements inaudibles pour mourir derrière la porte de la chambre de – vous l'aurez deviné – ce cher Bill Kaulitz.

Un nouveau silence pris place dans la pièce, s'installa confortablement sur le canapé d'en face et, dans un bourdonnement étourdissant guettait une réaction de la part des deux jeunes face à l'entrée fracassante d'un Bill accompagné d'on ne sait qui. A l'inverse, ils restèrent l'un contre l'autre, épiant quelconque bruit venant de l'autre pièce. Mais rien ne se fit entendre. Ils s'échangèrent un regard entendu, Abby embrassa le nez de Tom et se leva pour aller s'enfermer dans la salle de bain afin de se préparer à une nuit qu'elle espérait réparatrice dans les bras du blond. Aussi, elle comptait bien se remettre de ses émotions un peu trop fortes. Un bon jet d'eau froide sur son visage crispé mais néanmoins souriant au souvenir de son étreinte avec Tom et le tour était joué. Après coup, elle se rendit cependant compte que ce petit jeu avait fait naitre en elle une mystérieuse et déstabilisante envie.
Abby ferma les yeux et secoua la tête afin de chasser ses pensées tordues et rejoignit Tom dans son lit.Bizarrement, il était resté assis sur le bord de ce dernier. Il avait maintenant sa guitare sous son bras et faisait glisser ses doigts le long des cordes de son petit trésor. Il semblait penseur. Lui aussi avait les traits crispés mais feignait le sourire lorsqu'il se tournait vers Abby qui s'était glissée sous les draps chauds. Elle se coucha sur son flanc gauche et regarda Tom jouer. Comme à peu près chaque fois qu'il s'improvisait à une démonstration de son talent et de sa passion, les larmes montaient aux yeux d'Abby. En effet, la voix suave de Tom mélangée au son pur et profond d'une Gibson Les Paul dans laquelle il avait mis tout ce qu'il était parvenu à économiser pendant plus d'un an, bouleversait la grande brune. Ils étaient dans leur monde, celui où personne, pas même Bill, ne pouvait pénétrer. Leur monde d'amour à sa forme la plus simple. L'amour réciproque. L'amour évident. L'amour inconditionnel. Et c'était pourtant si compliqué. Ils n'avaient qu'à céder à l'autre mais ils ne le faisaient pas. Par principe, par peur ? Même avec tous les efforts du monde, ils n'auraient pas été capables de répondre.

Tom joua encore pendant un petit temps des morceaux connus ains que quelques-uns de sa composition. Il avait ça dans le sang, la musique. Tout comme il y avait Abby. Alors, il jouait pour elle, pour celle qui permettait à son sang de couler dans ses veines. Pour la remercier d'être là et pour lui dire ce qu'il ressentait lorsque où les mots lui faisaient défaut. Généralement, elle s'endormait au son de la musique et cette nuit ne faisait pas exception. Et c'était tant mieux, pensa Tom, car au moins elle n'entendrait pas les gémissements provenant de la chambre voisine ...
Énervé par le comportement de son jumeau, il termina son morceau qui s'était transformé un en murmure, soupira en pensant une nouvelle fois à l'attitude de son frère et se déshabilla pour aller se glisser en boxer aux côtés d'Abby. D'un geste doux, il la prit dans ses bras en veillant à ne pas la réveiller. Dégouté, il ressera son étreinte autour du corps d'Abby et ne s'endormit qu'après que les activités d'à côté se soit terminées.


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Salut les gentes :) Je m'excuse d'avance pour le temps que j'ai pu mettre pour poster mais j'écris assez lentement et aux moments où la bonne inspiration est là. Merci pour vos commentaires sur l'article précédent. J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas trop.
Bisous ;)


# Posté le dimanche 07 décembre 2008 16:12

Modifié le samedi 31 janvier 2009 05:26

Troisième chapitre

Troisième chapitre
"Mais ne voyais-tu pas, dans mes emportements
Que mon c½ur démentait ma bouche à tous moments ?"

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[*]

Deux semaines se sont écoulées depuis les dernières frasques sexuelles de Bill. Ce dernier s'était montré très distant ces derniers temps et cela n'allait pas en s'arrangeant. En effet, c'était le cinquième week-end qu'il revenait de soirée avec une fille sans nom à mettre dans son lit, quelques verres de trop dans le sang. Tom ne connaissait que trop bien son jumeau et sut immédiatement qu'un problème le rongeait. Plusieurs fois il avait tenté d'en savoir un peu plus sur ce qui tracassait son frère mais rien n'y faisait : il s'obstinait à l'envoyer gentiment balader d'un « Va te faire foutre » à chaque tentative d'explication. Pour être honnête, ce n'est pas vraiment le fait que Bill agisse comme un adolescent désaxé et dans le fleur de l'âge qui gênait Tom mais plutôt la manière dont son frère le toisait. D'un regard hautain et fier, comme pour lui faire comprendre qu'il était le plus fort ici. L'incompréhension régnait dans le c½ur de Tom. D'autant plus que Bill refusait catégoriquement de s'expliquer et esquivait chaque approche, même les plus subtiles, de son jumeau alors plongé dans l'incompréhension la plus totale.
Alors, Tom laissait couler en attendant une accalmie. Il attendait et guettait. Oui, pour le moment.

...


C'était une soirée comme les autres. La chaleur des corps enlacés, ses bras protecteurs, sa respiration apaisée, une émission débile, de quoi grignoter, des sourires et des câlins. Le bonheur, simplement. Tom voulait oublier les tracas que lui faisait vivre son frère et seul une personne avait la capacité de faire qu'il y parvienne.
Nul besoin de la nommer, se contenter de l'admirer.
La maintenant célèbre émission « My sweet sixteen » captivait les deux adolescents dans une transe que seules ce genre d'émission ont la capacité surnaturelle d'amener : les yeux exorbités, la bouche quasiment grande ouverte et les réactions souvent vives face au comportement de ces jeunes gens que la vie a fort bien gâtée. Tellement bien qu'ils en ont tout bonnement perdu la notion de la valeur des choses, la plupart du temps invisible pour les yeux. Cette chose dont Tom et Abby incarnaient l'exemple parfait. Cette chose que quiconque tente de nommer n'en retire aucun mérite non plus.
Se contenter de les admirer.

- Mais c'est pas possible, ça ! J'hallucine, sérieux. Quelle petite conne ! Pourri-gâtée ! s'offensa Abby en gesticulant, manquant à plusieurs reprises d'éborgner Tom appuyé contre le rebord du lit qui se trouvait face à l'écran de télévision.
- Calme-toi, je suis persuadé que cette fille n'est pas aussi heureuse que nous. Pas de quoi l'envier, franchement.
- Bah tiens ! Evidemment elle se tape le mec le plus canon du lycée ! Toujours les mêmes qui ont de la chance renchérit-t-elle, ignorant totalement la remarque, certes très pertinente, du dreadeux. Réadoptant sa position initiale, Abby retomba mollement sur le torse de Tom - dans un soupir qui aurait réveillé les morts - en se remémorant son célibat prolongé.

Tom ne réagit pas. C'était peine perdue car Abby tenait sans cesse le même discours récurrent. Pour résumer son inébranlable homélie: elle demeurait seule depuis une éternité, personne ne lui plaisait vraiment, elle était moche, tout sauf attirante, grosse, chiante et on en passe et des meilleurs. Bref, elle n'avait absolument rien pour elle. Bien que Tom lui ait répété d'innombrables fois que la meilleure façon d'encourager les hommes à venir vers vous n'était pas de se plaindre, encore fallait-il agir. Mais non, elle restait là à attendre l'homme de sa vie qu'elle espérait voir apparaître un beau jour, sortit tout droit d'on ne sait-où.

- Mon Tomi, je peux te poser une question ?
- Bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ? répondit Tom en passant ses doigts dans les cheveux d'Abby qui avait à présent posé sa tête sur ses pectoraux et faisait glisser sa main sur sa hanche. Silencieusement, il espérait ne pas avoir à s'énerver. Le sujet de l'amour était sensible entre eux, c'est pour cela qu'ils l'abordaient le moins souvent possible. A quoi bon, les gestes parlaient pour eux.
- T'as déjà été amoureux ? elle semblait inquiète de la réponse du blond et leva la tête pour poser son regard dans le sien. Je veux dire, vraiment.
- Oh, Abby, recommence pas avec ça s'il te plait, tu m'as déjà posé cette question des centaines de milliers de fois ! Tom haussa le ton mais ne repoussa pas sa petite protégée pour autant. Elle l'énervait tellement à sans arrêt ramener ce sujet sur le tapis.
- Oh excusez-moi de vous dérangez avec mes questions MONSIEUR ! répliqua-t-elle, piquée au vif par le ton qu'avait pris Tom.
- Tu me déranges pas mais par pitié, épargne-moi une énième scène de désespoir je t'en prie ! On en a déjà suffisamment parlé, tu connais parfaitement ma réponse.
- Très bien ! Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, alors trancha Abby.


D'un geste blessé, la grande brune se délivra des draps chauds et, jambes nues, sortit de la pièce en prenant bien soin de claquer la porte le plus fort possible dans le but de lui faire part sans violence de son mécontentement. Les murs tremblèrent et elle fondit en larmes dans les escaliers. Car s'il y avait bien une chose qu'elle détestait par dessus tout, c'était surement de se disputer avec Tom. Elle n'aimait pas ce ton agressif et las dans sa voix, comme si il ne voulait plus d'elle. Elle détestait ces gestes involontairement - elle en était parfaitement consciente mais ne pouvait rester stoïque lorsque ceux-ci la concernaient directement – brusques, comme si elle était de trop et qu'il voulait brutalement la chasser. Elle ne pouvait supporter de quitter ses bras si protecteurs, comme si elle partait à l'aventure, seule. Et par dessus-tout, elle se haïssait d'agir de la sorte. Comme un vraie gamine, ou pire. Mais c'était plus fort qu'elle, sa susceptibilité accompagnée de son incapacité à garder son calme l'emportait toujours sur sa conscience. Et surtout lorsqu'il se rapportait à Tom, ce problème s'amplifiait d'autant plus.
Avant même d'avoir quitté la chambre du blond, Abby regrettait déjà son attitude. Néanmoins, elle n'eut pas le temps de ruminer plus longtemps contre elle et ses éternels faux-pas sentimentaux car une petite boule de poil s'excitait à ses pieds l'air enchanté d'avoir enfin de la compagnie passé les douze coups de minuit.

- Scotty ! s'exclama Abby, soudainement tout aussi enjouée que lui Ca va mon chou ? dit-elle en caressant vivement l'animal tout fou Je t'aime tu sais ? Avec toi au moins on se prend pas la tête ... déblatéra Abby d'un ton devenu bien vite plus monotone. Elle prit le chien dans ses bras et l'emmena avec elle se poser sur le canapé du salon en trainant les pieds. Enfin, ne va pas non plus croire que je t'aime autant que lui mais estime-toi déjà heureux parce que de toute façon, jamais personne n'aura une plus grande place que lui ici poursuivit Abby en posant sa main contre sa poitrine pour désigner son c½ur. Mais parfois j'ai peur que pour lui ce ne soit pas pareil. Tu sais, les questions existentielles débiles du genre peur qu'il m'oublie, qu'il en préfère une autre à moi, qu'il me laisse tomber parce que bon, je suis pas ce qu'il y a de plus facile à vivre. Mais je vais te dire tant qu'on en est aux confidences que le pire, le pire du pire c'est bien ...

Alors qu'elle poursuivait son monologue, Abby fut interrompue par des rires provenant du corridor. Etait-ce une fois de plus Bill et sa conquête de la nuit ? Abby baissa immédiatement les yeux : elle ne voulait pas avoir à faire face à cette image déplaisante et dévalorisante de l'androgyne, c'est pourquoi elle déposa délicatement Scotty sur le sol et déguerpit en vitesse. Cependant, elle se rendit bien vite compte qu'elle se retrouvait dans une impasse. D'une part, Bill et sa conquête dont Abby ne souhaitait pour rien au monde connaître ni le nom, ni la tête, et de l'autre Tom, son Tom, qu'elle avait laissé seul dans sa chambre avec pour seule compagnie le silence pesant de l'incompréhension. Elle s'en voulait de lui imposer cette corvée en plus. En effet, il en bavait déjà assez avec son jumeau mais son trop plein d'orgueil et de fierté lui dictaient de ne pas céder. Autrement dit, ne pas remonter les escaliers en courant pour aller sauter dans les bras de son Tomi et tout oublier tandis que sa raison lui hurlait de jouer la carte du pardon les yeux baissés et l'air embarrassé.
Ca marchait toujours, la facilité.

Faute de mieux, elle se décida alors à attendre, tapie dans la cuisine, que le tourbillon Bill passe. Elle prit place sur un des hauts tabourets et s'appuya sur le plan de travail central à l'affut d'une éventuelle arrivée impromptue des deux amants d'une nuit. S'enclencha alors un processus qu'Abby maudissait : la réflexion et tout ce qui en découlait. Ruminer, penser, cogiter, méditer sur le sens de la vie, raisonner, réfléchir. Enfin, tout ce dont elle se passerait bien surtout dans des moments pareils. Mais c'était inévitable. Toute une série de questions prise de tête tourbillonnaient dans son esprit tel un mélange confus de problèmes qui n'en étaient pas vraiment mais qui demeuraient malgré tout sans réponses concrètes. Et si Tom se lassait d'elle un jour ? Et si Tom allait voir ailleurs ? Car tout compte fait, il y en avait tant d'autres mieux qu'elle. Et si Tom lui disait un jour qu'il ne l'aimait plus ? Car tout compte fait, les sentiments n'étaient pas éternels. Et si Tom la quittait ? Il en faudrait si peu ...


Ich kann nicht alles für dich sein, obwohl ich dich verfiel, ist meine Welt für dick zu klein.

Tom ,Tom, Tom. Voilà à quoi se résolvait sa vie. Triste constations ou heureuse conclusion ? A cette question, encore une fois aucune réponse.
...

POURQUOI ?! Pourquoi se pose-t-elle tant de questions ? Pourquoi ne vit-elle pas ce que la vie lui offre ? Pourquoi faut-il toujours qu'elle complique tout alors que cela pourrait être si simple ? S'aimer, simplement. Sans les questions, sans les doutes, sans les mots qui blessent. Tom donnerait tout pour qu'elle comprenne une bonne fois pour toute qu'il l'aime et que jamais rien ne changera entre eux. Toutefois, au grand désarroi du dreadeux, Abby ne semblait pas souhaiter le rejoindre. Pourtant, il lui aurait immédiatement pardonné, il ne lui en voulait même pas. Malheureusement, comme toujours, les questions demeuraient en elle, s'accrochant au moyen de leurs griffes tranchantes pour ne plus la quitter avant la fin de la tempête. Alors, à défaut de calmer l'orage foudroyant entre Bill, lui et le reste du monde,Tom décida que le temps était venu d'apporter ne fut-ce qu'un semblant de réponses aux questions éternelles d'Abby. Pour être à l'aise, il enfila un short et se rendit au salon. En passant devant la chambre de Bill, il tendit l'oreille et ne fut plus étonné d'entendre, comme chaque fois maintenant, une série de gémissements. Il accéléra le pas lorsque ceux-ci se firent plus insistants, il ne voulait pas rester sur cette image déplaisante et dévalorisante de son petit frère.
C'est avec étonnement et trouble qu'arrivé au bas des escaliers il ne trouva pas Abby assise au fond du sofa face à la télé. Perplexe, il se dirigea vers la salle à manger où il ne la trouva pas non plus. C'est alors qu'il vit de la lumière pétiller depuis la cuisine. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres : il aurait du y penser plus tôt, sa petite Abby ne changera jamais et c'étant tant mieux. Arrivé à l'embrasure de la porte, il s'appuya contre un des pans de la porte, croisa les bras, passa une jambe devant de l'autre et regarda Abby qui était dos à elle, les bras croisés elle aussi et posés sur la table.

- Hum, hum toussota Tom pour marquer sa présence.
- Putain Tom ! Tu m'as fait trop peur, t'es con ou quoi ?! vociféra Abby, tombant presque de sa chaise On t'as jamais appris à frapper avant d'entrer ? Et puis qu'est-ce que tu fous là ? elle se tut quelques instants, tenant de comprendre dans le regard de Tom le pourquoi de sa venue. En observant les mimiques du blond, elle fronça les sourcils, agacée Ôte tout de suite ce sourire de ton visage ou je m'énerve ! d'un geste brusque, elle se leva pour, constata Tom, quitter la pièce sans attendre.

Au moment où Abby passa à côté de lui , Tom l'agrippa par le bras et passa sa main sur sa hanche afin de ne plus lui laisser aucune chance de s'échapper comme elle savait si bien le faire. Contourner les problèmes pour mieux les fuir et dans ce cas, mieux les apprivoiser. Dans un premier temps, elle se débattit avec rage et frappa de son poing le torse de Tom avec sa force légendaire.

- Arrête de rire bordel ! cria Abby, les larmes aux yeux. Et laisse-moi passer putain !
- Tu pleures ? son expression prit alors une mine déconfite et il déserra son étau autour de ses bras. Et merde ...
- Nan tu crois ?! Tu crois que ça me fait plaisir de me prendre la tête avec toi ?! Ca me fait tellement mal, tu peux pas savoir à quel point. Tu ne te rends pas compte, Tomi ...

Elle lâcha prise et se détendit dans les bras de Tom. Lasse, toute envie de se protéger du regard du blond avait fui le corps d'Abby. Au final, il ne lui restait plus qu'à écouter le dreadeux s'excuser et tout repartirait comme avant même si rien n'avait changé, au fond. Dépitée, elle déposa sa tête contre lui et se laissa bercer par sa voix. Elle était prête à l'entendre. Pire, elle avait besoin de l'entendre.

- Abby ... je suis désolé. Mais tu le sais que j'ai un peu de mal avec ce genre de ... choses. Enfin, tu vois, les sentiments tout ça. J'aime pas m'exposer et j'aime encore moins que t'aies mal. Je déteste ça, même. Mais ça aussi, tu le sais. Tom s'interrompit et laissa flotter cette dernière phrase dans l'air comme si il attendait qu'elle retombe sur le sol telle une douce parole qui, malgré le choc, ne se briserait pas. A vrai dire, je ne sais pas vraiment comment te dire ce que je ressens pour toi. J'essaye de te le montrer autant que je peux pour que tu le comprennes mais tu n'as pas l'air de me faire assez confiance pour ça. Je suis un peu perdu, surtout quand tu réagis au quart de tour comme tu viens de le faire et ... A cours de mots et le coeur lourd, Tom suspendit son discours Abby, arrête de pleurer je t'en supplie.
- Dis-le moi
- Te dire quoi ma puce ? interrogea Tom, même s'il se doutait parfaitement de ce que voulait Abby. Etre rassurée, s'entendre dire ce qu'elle savait déjà.
- Dis-le, Tom. J'ai besoin de l'entendre Abby releva la tête et plongea ses yeux dans ceux de Tom. Les siens étaient déjà submergés par les larmes mais elle aurait pu se noyer dans ceux du blond tant ils étaient beaux.
- Je ... j'sais pas si c'est bien que je te le dise haleta Tom. En effet, Abby avait entamé une danse sensuelle contre son corps qui répondait de manière tout à fait ... humaine pour un mâle. Elle se mit à l'embrasser. Doucement, d'abord puis de manière de plus en plus aguicheuse. C'est comme si elle ne se contrôlait plus. Peut-être n'en avait-elle plus envie ...
- Ca fait trop longtemps geignit Abby en passant une main derrière la nuque de Tom pour se coller un peu plus à lui et à ses lèvres pendant que Tom se faisait violence afin de ne pas céder à cette tentation beaucoup trop forte.
Cette attirance.

Vierge de tout contrôle de soi, Tom tira Abby à l'extérieur de la cuisine et l'emmena vers sa chambre.
Il lâcha furtivement sa main baguée pour la coucher sur le lit, courut dans sa salle de bain qui était dans le couloir – les activités avaient finalement cessées dans l'antre de Bill. Mais pour combien de temps ? – Il n'eut pas le temps de répondre à sa propre interrogation, ouvrit la porte tellement brutalement qu'elle alla percuter le mur dans un bruit sourd. D'un geste fébrile, il poussa tous les tubes, pots, boites qui se trouvaient dans l'armoire à pharmacie des jumeaux et mit enfin la main sur la boite de préservatifs d'urgence. Il n'en revenait pas de ce qu'ils étaient sur le point de le faire. L'amour.

Lancer les dés, passer son tour, relancer, avancer, les jeter une nouvelle fois, reculer. De retour à la case départ. Cercle sans fin dont on ne connaît pas l'issue. Cette fois-ci, ils allaient lancer les dés et tant pis pour les conséquences.

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Bien le bonjour, ou bien le bonsoir, peu importe. J'espère que vous allez bien : )
Je suis contente d'enfin poster ce chapitre, j'en pouvais plus d'attendre bien que je le trouve très médiocre pour le temps qu'il m'a prit à écrire.
Au fait, vous pouvez me noter sur cet annuaire (ici) et pourquoi pas, faire connaitre la vôtre ; )
En espérant ne pas trop vous décevoir ...
A la prochaine : )

# Posté le dimanche 28 décembre 2008 20:24

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 18:31

Quatrième chapitre

Quatrième chapitre
"Je puis regretter d'avoir menti, d'être la cause de ruines et de souffrances, mais fussé-je sur le point de mourir, je ne pourrais me repentir d'avoir aimé."

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Respiration saccadée, yeux noircis par le désir, regard nourri d'envie, mains baladeuses, fouineuses, exploratrices, corps vivants par le toucher de l'autre. S'il y avait bien quelque chose dont ils ne seraient jamais fiers, ce seront ces moments où ces deux âmes s½urs auront franchi la limite interdite. Ils ne pouvaient pas, mais ils le voulaient. Ils se désiraient tant que leurs gestes et leurs pensées n'étaient plus dictés par leur raison. Tout ça avait dépassé le stade des enfantillages de mômes qui se découvrent. S'ils avaient su ...

Tandis que Tom couchait Abby sur son grand lit, son regard se dissipa un instant vers l'extérieur où les étoiles parsemaient le ciel. En temps normal, ils les auraient regardées ensemble, enlacés comme à leur habitude. Mais ce soir, ils avaient des choses plus fortes plus intenses, plus vraies à se raconter. A défaut de mots, leurs corps parlaient pour eux. La grande brune passa ses douces mains sous le t-shirt du dreadeux pour caresser doucement son ventre. Partagée entre l'envie de lui sourire pour lui assurer que tout irait bien et celle de tout arrêter sur le champ tant la situation était absurde, Abby se contenta de se laisser aller à ses convoitises. Comme possédée par une entité extérieure, elle se releva légèrement pour venir capturer les lèvres de son amant qui à son tour, passa à l'action en retirant son t-shirt qu'Abby portait si bien. Il découvrit à nouveau ses belles courbes ainsi que son teint naturellement et légèrement hâlé.
Saveurs exquises. Ses grandes mains passèrent le long de son corps pour venir se placer à l'arrière de ses cuisses et ainsi, avoir l'accès à son entre-jambe contre lequel il déposa doucement son bassin. Abby ne put réprimer un gémissement lorsque Tom entama un lent mouvement de bassin contre ses parties sensibles. C'était si bon de le sentir contre elle qu'elle en ronronna de plaisir, amenant sa bouche au creux de son oreille pour lui murmurer des mots doux. Une sorte de transe inexplicable avait pris possession de leurs corps et rien ni personne n'aurait pu venir gâcher ce moment de communion des plus intimes. Tom n'avait cessé ses va et vient contre Abby. Le désir montait en lui en un degré supérieur si bien que ses à-coups devenaient de plus en plus rapide et appuyés. Ils gémirent de plus en plus forts accélérant toujours plus leurs mouvements

- Oh, Tomi ...

Si bon qu'ils en crèveraient.
Tom avait ses bras de part et d'autre du visage de sa petite protégée comme pour lui montrer que, malgré la situation, il serait là pour elle. Toujours. A cette pensée, il baissa la tête et vit son corps collé à celui d'Abby comme jamais il ne l'avait été auparavant.
Trop proches. Les larmes lui montaient aux yeux mais il était incapable de s'arrêter, emporté par sa fougue d'adolescent amoureux. Ou plus encore. Il ne comprenait pas la nature de leurs gestes, il ne comprenait plus rien. Perdus au milieu de leurs sentiments, Tom et Abby s'aimaient comme jamais ils ne l'avaient fait. Soudain, une vague de chaleur mêlée à une multitudes de frissons parcourut ses orteils, ses pieds, ses jambes, son ventre, ses bras, et son esprit se déconnecta de son corps durant quelques instants. Abby enfonça ses doigts dans le dos tendu de Tom et donna un dernier coup de bassin contre son entre-jambe qui avait atteint cet autre monde tant recherché par le genre humain.

...


- C'est fou comme les portes ont claquées hier soir ricana la pimbêche ayant servi de défouloir à Bill la nuit dernière Tu n'as rien entendu mon p'tit Billou ? Moi ça m'a même réveillé et je ne suis pas arrivée à me rendormir avant une heure ! poursuivit-elle, faussement outrée, ses cheveux virevoltants au rythme de ses brassées inutiles dans l'air.

Le principal concerné ne répondit pas, trop occupé à garder le contrôle de soi face à l'attitude horripilante de ... comment s'appelait-elle déjà ? Putain, mais heureusement qu'il était une nouvelle fois complètement plein pour ne pas s'être rendu compte de sa voix minaudant à tout bout de champ sur des sujets sans la moindre importance. Heureusement pour elle oui, car il l'aurait sans aucun doute virer de la plus belle façon qu'il soit. Bill n'était pas un gentleman dans l'âme, au contraire.

- Billou ? Tu m'entends ? insista-t-elle, se trémoussant sur sa chaise en faisant par la même occasion bouger ses seins et onduler ses cheveux dans son dos.
- Hm ...

Tom ne put réprimer un rire tant cette fille était une caricature. Visiblement, son frère était tombé bien bas ... Bill ne releva pas le sarcasme de son jumeau et se contenta de fulminer de l'intérieur. Bill pouvait se révéler piètre comédien dans certaines circonstances. Quand le rideau tomberait-il?

Tous étaient réunis dans la cuisine savourant miette par miette leur petit-déjeuner sans saveur tant l'atmosphère était lourde. Les regards étaient fuyants, les esprits honteux, si bien que tous, sauf Pamela, avaient leur nez baissé dans leurs bols de céréales respectifs. La plus calme et silencieuse était sans conteste Abby qui, elle, n'avait même pas touché à un seul de ses corn-flakes désormais immangeables car devenus trop mous au contact prolongé du lait dans lequel ils baignaient depuis maintenant de longues, trop longues minutes. Des minutes interminables par le poids de leur silence. Silence brisé par les maigres tintements des cuillères tourbillonnant sans faim dans le bol dont le tournoiement pourrait illustrer les pensées ponctuelles des trois adolescents. Tourmentes.

- Bill ! Pourquoi tu ne me réponds pas enfin, ça fait dix minutes que je te parle et j'ai l'impression que tu n'écoutes pas un mot de ce que je te dis !
- Ouais, pour parler, tu parles ... ronchonna Bill, les yeux rivés sur un magasine qui trainait sur la table. Tout était prétexte a donner l'illusion qu'il prenait cette situation de manière tout à fait détachée. En feuilletant distraitement les pages d'un tas d'infos inintéressantes sur les « pipoles », par exemple.
- Pardon ? Qu'est-ce que tu as dis ? Si je te dérange tu le dis hein ! s'offensa soudain Pamela encore très douce et câline envers l'androgyne quelques secondes auparavant. Non mais je rêve !
- Bon Truc, il serait peut-être temps que tu prennes tes affaires et que tu déguerpisses d'ici en vitesse. Au cas où cela aurait échappé à ton cerveau, surdéveloppé je n'en doute pas, personne n'a envie de t'écouter jacasser pendant encore des heures ici. La porte est au fond du couloir, tu nous en veux pas si on ne t'accompagne pas, hein dit Tom, prenant la parole pour son jumeau en détresse. Il fut ravi de son effet et afficha un sourire hypocrite à Pamela en lui indiquant la porte d'entrée.
- Puisque c'est comme ça .. très bien ! je m'en vais et ne comptez pas sur moi pour remettre un pied ici ! vociféra-t-elle en attrapant ses deux sacs de marque avant de s'engouffrer sur ses talons hauts dans le corridor.

« Bon débarras » pensèrent-ils tous.

Quelques secondes passèrent, une mouche vola et la porte claqua dans un bruit assourdissant qui rappelait vaguement à Abby son attitude de la veille. Elle se cacha derrière sa mèche de cheveux pensant intérieurement qu'il était plus que temps qu'elle fasse un tour chez le coiffeur.

Les pensées dansaient dans la pièce comme de joyeux fanfarons en quête d'explication rationnelle quelconque. Que s'était-il passé cette nuit ? Qu'avaient-ils fait ? Comment avaient-ils pu seulement y penser une seule seconde ? Si seulement toute cette mascarade dénuée de sens n'étaient qu'une bonne plaisanterie du destin. Foutu destin qu'on ne peut redessiner à coups de gomme et de traits de crayon. Ratures et traits hésitants.
Rien ne sera plus comme avant. Oui mais avant quoi, au juste ?

Abby, remuée par la tourmente, quitta la table pour aller s'enfermer dans sa chambre ou plutôt dans la chambre de Tom à l'intérieur de laquelle elle avait élu domicile. A l'étage inférieur, la conversation attendait d'être entamée par celui qui ferait le premier pas au sein de cette zone dangereuse qu'est le jardin secret de l'autre.

- Qu'est-ce qui se passe ? questionna Bill, gêné par le silence. La fierté était mise de côté le temps d'une conversation qui se révélait nécessaire voire indispensable et la glace était brisée entre les deux frères
- Il se passe rien bougonna Tom, le ventre noué.
- Ouais, bon je vois que c'est pas la peine d'essayer de savoir quoi que ce soit ici dit Bill, se levant de sa chaise et quittant la table.
- On a fait une connerie avoua enfin Tom, le regard plongé dans son bol maintenant vide.
- Quel genre de connerie ? demanda Bill, se doutant tout de même de quelle nature serait la réponse de son frère.

Tom leva les yeux et pris soin de faire passer son message le plus explicitement possible. Trop honteux, il refusait de dévoiler tout haut les faits de la nuit précédente. Alors, il utilisa sa pseudo connexion entre lui et son jumeau afin de faire passer le message. Avait-il été reçu ? Visiblement car le sourire de Bill s'affaissa et fit place à une moue désolée et compréhensive.

- Tu peux tout me dire, tu sais. Je te jugerai pas encouragea Bill à l'aide d'un sourire en coin. Il posa sa main sur l 'épaule de Tom et la massa doucement.
- J'ai merdé. J'ai vraiment trop honte de ce que j'ai fais. J'te jure, ça me rend malade. On s'était fixé des limites et putain, on les a dépassées. Ca n'aurait jamais du se produire mais j'ai été ... je sais pas, emporté. Totalement décontenancé, Tom soupira et enfoui sa tête entre ses mains Je l'aime Bill, je l'aime beaucoup trop, merde.
- Et alors ? questionna-t-il, déboussolé par le raisonnement de son frère
- Et alors !? Tu oses me poser cette question ? dit Tom, haussant le ton. Il ne pouvait pas envisager que l'idée ait fait pareil cheminement dans l'esprit de Bill.
- Je vois juste pas où est le problème dans le fait que tu l'aimes puisque de toute façon, ça a toujours été comme ça. Tom ne remarqua pas le ton cassé dans la voix de son jumeau.
- Aha. Je vois. Mais tu peux pas comprendre ça, toi. L'amour .. T'as aucune idée de ce que c'est. La baise, y a que ça de vrai chez toi.

Les mots de Tom firent l'effet d'une centaine de poignards enfoncés tour à tour dans le c½ur de Bill. Sans prendre la peine de débarrasser la table, le dreadeux se leva et quitta la pièce d'un pas lourd laissant pour compte l'androgyne bouche-bée devant son bol de céréales encore à moitié rempli – ou à moitié vide, c'est selon. Il ne pouvait pas croire à ces mots. De tels mots n'avaient pu sortir de la bouche de son propre frère. Et son regard ... Plein de reproches et de dégoût.
Finalement, peut-être l'avait-il mérité. Sans doute manquait-il, lui aussi, à son jumeau. Du moins, il aimerait y croire ...
A son tour, il monta les escaliers pour aller s'enfermer dans sa chambre. Seul.

A l'étage supérieur, Tom se trouvait posté devant la porte de sa propre chambre. Abby s'y trouvait, il le savait, il entendait les sanglots qu'elle tentait tant bien que mal de dissimuler en les étouffant au creux d'un coussin. Entendre Abby, sa toute petite s½ur, verser des larmes par sa faute lui donnait la nausée. Putain, mais qu'avaient-ils fait bon sang ? Leurs actes passés n'avaient aucun sens, pas le moindre non.

Tom prit une bouffée d'air, posa sa main sur la clinche et ouvrit lentement la porte. Sa tête passa la première l'embrasure de la porte afin d'être sûr de déranger le moins possible Abby. Alors qu'il la voyait allongée sur les draps, dos à lui et hoquetant à cause de ses pleurs, Tom ne put empêcher les larmes de lui monter aux yeux. Il s'en voulait tellement bien qu'au fond, cette nuit avait été une des plus belles de son existence. Après s'être assuré qu'Abby ne l'avait pas entendu, Tom pénétra dans sa chambre
Il hésita. Allait-il près d'elle pour la consoler ou la laissait-elle se soulager?
Comme si les pensées du blond avaient été entendues, Abby se retourna doucement. Elle passa sa main sur son visage aux yeux rougis afin essuyer les larmes qui continuaient à déferler sur ses joues pour aller s'écraser sur ses cuisses. Tom ne s'était jamais senti aussi mal qu'à cet instant. C'était à lui de sécher ses larmes et surtout pas à lui d'en être la cause première. Aucun mot n'avait encore été échangé, aucune excuse. S'excuser de quoi, au juste ?

- Je ... commença Tom sans savoir pourquoi
- Tais-toi, je veux rien savoir l'interrompit Abby, la voix brisée par les sanglots. Ses cheveux en bataille étaient posés sur ses épaules et chutaient dans son dos la rendant encore plus sublime malgré sa tête rougie d'avoir versé tant de larmes. Ne me dis pas ce que tu penses, j'ai déjà assez mal comme ça.
- Je suis désolé, Abby. Putain m'en veux pas, je t'en supplie. J'aurais pas du ... je regrette.
- C'est bien ça le problème, Tom.
- Quoi ?
- Tu regrettes ... acheva Abby avant de se lever pour quitter, une nouvelle fois, la pièce.

Attirance inavouée. Sourires brisés.

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Voili, voilou mes chères lectrices : ) J'espère que ca chapitre vous aura plu. Dites-moi tout. Ce qui était bien, moins bien, à chier. Les passages que vous avez aimé ou pas. Tout ce que vous voulez.
Merci de me lire, encore et toujours : ) Et surtout, merci de patienter.
Bisous.
Saam'

# Posté le samedi 14 mars 2009 11:35

Modifié le mardi 17 mars 2009 18:40